Dimanche 2 janvier 2011
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Il s'en est passé des choses depuis l'IRM du mois de juin 2010.... depuis que ce connard prétentieux de gynécologue m'a "claqué" la porte sur le nez après avoir consciencieusement traité tous ses
confrères de nuls et d'incapables (comprenez que lui seul sait soigner l'endométriose) et m'avoir annoncé qu'il n'opérait que les patientes assurées en privé et moi bien sûr je n'ai pas une telle
assurance.... Une fois encore, je me suis retrouvée seule avec ma fidèle compagne l'endo... En août, grâce à une collègue de ma maman, je suis allée chez un nouveau super gentil gygy, que je
surnomme Cloclo car il a un peu la même coupe de cheveux LOL. Au vu de mes symptômes, il a rapidement décidé de faire une laparoscopie diagnostic. Et ce qu'il a vu dans mon bidon, c'était pas jojo
!!! Il n'a rien pu faire car les atteintes étaient trop graves, notamment au niveau des viscères et il fallait une équipe de spécialistes pour m'opérer. Il m'a alors adressée à un de ses confrères
spécialisé dans l'endo et j'ai été opérée début novembre. L'intervention a duré + de 4 heures; le côté gauche a donné du fil à retordre à l'équipe de spécialistes penchés sur mon bidon. Les
adhérences emprisonnaient tout : ovaire et trompe gauche, intestin, utérus et vessie, sans compter les foyers d'endo disséminés un peu partout et les nodules sur l'intestin et le rectum. Ils ont
même dû enlever l'appendicite qui était enflammé à cause d'un nodule d'endométriose ! J'ai vu les photos, on dirait qu'un engin de destruction massive a traversé mon ventre... Avant qu'on ne
m'endorme, j'avais très peur de me retrouver avec un anus artificiel (une poche intestinale, c'est pas très glamour avouez ;0)) Heureusement, il n'en fut rien. Par contre, j'ai eu un problème avec
ma vessie. Celle-ci refusant obstinément de se vider seule; j'ai dû apprendre à me cathéteriser... Il m'a fallu plus d'un mois pour me remettre de cette opération. Maintenant, je suis censée aller
mieux; entendez ne plus souffrir, or, il n'en est rien... J'ai comme un point du côté gauche. Alors la semaine passée, je suis allée dire bonjour à Cloclo le gygy et... j'ai un hydrosalpinx !! soit
du liquide qui s'accumule dans la trompe gauche. Il faudrait opérer car c'est toxique pour les zozos de monsieur et pour les embryons mais, vu mon passé de patiente multi-opérée, les médecins ne
veulent pas. Alors une fois encore, je vais devoir me battre: contre la douleur en premier et contre les médecins pour qu'ils m'ENTENDENT ! Et pour ceux qui ne connaissent pas voici un petit résumé
de ma vie "d'endométrieuse". Lorsque qu'on parle d’endométriose, nous le faisons souvent à mots couverts, comme si cette maladie était tabou ou "sale" ou honteuse. On utilise le jargon médical
comme si c'était plus audible ou plus acceptable comme ça. Mais la réalité est toute autre. Alors comment faire comprendre cette maladie si personne ne dit à quoi ressemble notre quotidien ? Je
suis atteinte d’une endométriose sévère, de stade IV, avec une atteinte dite profonde. Digne des plus grands envahisseurs, cette saloperie a colonisé tout mon petit bassin : l’utérus, les ovaires,
le ligament utéro-sacré, les trompes de Fallope, le péritoine, l'intestin, le rectum, l'urètre, la vessie et même l'appendicite ! Commençons par les douleurs. Elles débutent 1-2 jours avant
l’ovulation pour se terminer quelques jours après les règles. Elles ne sont pas toujours pareilles; elles évoluent durant le cycle. Au début cela ressemble à une simple gêne au niveau d’un des
ovaires, ce qui à le mérite de m'indiquer de quel côté je vais “pondre” ! ;0) Puis cette gêne se transforme en tiraillements. Inutile dans ces conditions de penser aux "travaux pratiques" pourtant
indispensables pour faire un bébé puisque je crève de mal et que je n'ai qu'une envie, "bouffer" le premier qui ose me contrarier. Je me sens comme une lionne en cage et malheureusement dans ces
cas-là Mari-chéri est une proie toute indiquée... Après l’ovulation j’ai droit à quelques jours de répit, avant l’arrivée des règles. 2 jours avant mes règles, les douleurs reviennent. J'ai mal aux
reins et ça tiraille dans mon bas-vente, sans compter les contractions qui ne me lâchent plus. J'ai l’impression qu'une bande d'oursins fait la java dans mon bidon ou qu'on m'enfonce des milliers
d'aiguilles. Puis "enfin" les Anglais débarquent. Mes règles durent 10 à 12 jours ! Les 2 premiers jours, les écoulements se font par vagues successives, avec l’évacuation de caillots. Les douleurs
se font plus violentes, plus irradiantes. Certaines, en coups de poignard, me coupent le souffle et m’arrêtent net dans mon activité. D'ailleurs souvent je ne peux pas travailler durant les 2
premiers jours. Même les puissants anti-douleurs ne me soulagent pas. Le pire c'est quand je dois aller aux toilettes. Je dis alors à mon mari que je vais "accoucher de mon petit noir" (quelle
ironie pour la stérile que je suis). Les douleurs sont telles qu'il m’arrive d’être bloquée sur les toilettes, ne pouvant faire aucun effort pour éliminer; n'osant même plus respirer car chaque
contraction déclenche des douleurs insupportables, à la limite de l’évanouissement. Après plus de 10 jours de supplice, mes règles s’arrêtent. Je suis épuisée mais je vais avoir quelques jours de
répit... jusqu’à la période de l’ovulation où c'est reparti pour un tour… Voilà le cercle vicieux de l’endométriose ! En dehors des douleurs, il y a la souffrance morale de ne pouvoir enfanter.
Cette maladie est l'une des plus grandes causes de stérilité féminine. Mais je ne vais pas m'étaler ici sur le sujet; il suffit d'aller consulter mon cv et mes différents articles pour connaitre
mon "parcours" ou plutôt mon combat pour avoir un jour le bonheur de devenir parents. J’espère que grâce à cette description, vous arrivez mieux à comprendre cette maladie et ses répercussions
physique et morale. Un jour, un médecin m'a dit "l'endométriose ne tue pas", certes ! mais elle nous détruit de l'intérieur...
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